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Texte primé lors du concours annuel organisé par la fédération Wallonie-Bruxelles sur le thème : "entre chien et loup"

 

T’as 23 ans. Et pourtant, cette histoire, c’est toute ton histoire. Enfin le début.

Tu attends coincé contre un mur de béton froid. Tu attends depuis des heures, tu ne sais plus tellement ce que tu attends tellement tu attends. Autour de toi, y a seulement des immeubles verticaux qui montent tout droit jusqu’aux avions. Dans la ville, y a longtemps que t’as plus vu le ciel, y a longtemps que t’as plus...

Il n’y avait plus que quelques gamins allongés sur les gradins métalliques. Le match s’était terminé il y a seulement 15 minutes. Les basketteurs étaient déjà rentrés chez eux. Le quartier sud l’avait encore emporté mais au fond tout le monde s’en foutait. Le vent se levait sur le terrain de béton, au milieu des grillages et derrière les maisons brunes et plates le soleil s’affaissait. Les deux derniers gosses qui trainaient autour du terrain se sont dressés rapidement. Ils se sont regardés, les pupilles écarquillées. Ils n’ont pas eu besoin de parler, ils se sont tapés dans les mains, ils se sont mis à courir et ils ont disparu. Ici, la lumière retrouvait cette pureté étrange, peu avant la nuit.

Il n’y avait plus personne sur les trottoirs où poussaient des mauvaises herbes à la tige épaisse, seule une vieille Ford traversait lentement la route principale.

A Creston, les magasins...

L'élagage du texte "La hyène" continue. Voici une partie de golf qui a été mise au placard. Avant peut-être de revenir plus tard.

 

Michel a sonné à la porte, le samedi, vers 11h. Je dormais encore. Il est monté me réveiller et m'a dit d'un air heureux qu'on partait sur une ile, terrée dans un ...

Il y avait ce type qui te suivait depuis un moment, toi tu n’avais rien vu : tu étais si innocente. Il t’avait repérée depuis un moment, depuis le hall de l’aéroport, depuis les toilettes de l’avion, depuis ta pose lascive contre le mur des douanes. Toi tu marchais sur un podium Versace, à travers les couloirs du métro, à travers les rues brunes, à travers la ville noire. Tu n’as jamais remarqué que cet homme n’avait plus aucune destination depuis qu’il avait aperçu tes jambes et ton regard et ton corps et ta démarche et ton élégance et tes dents et tes oreilles et tes ongles.

Il était hypnotisé. Il ne savait plus où aller, à vrai dire il n’allait plus nulle part, il ne faisait plus que te suivre. Et toi, tu ne l’as jamais remarqué. Tu croyais que les gens étaient bienveillants, tu croyais que la nuit était sûre, tu avais foi, tu le répétais sans arrêt : tu avais foi. Le destin est toujours mal fait :...

Ceci est mon testament.

Je m’appelle Olivier. J’ai 45 ans. Je suis pêcheur, mais je n’ai aucun mérite, j’ai tout appris aux côtés de mon père. Je suis également marié, je suis passionné de guitare et de cinéma. Et je suis un meurtrier.

Voici comment se sont déroulés les faits.

La chaleur était pesante ce matin-là. Je suis arrivé sur la plage, mon bateau avait bel air. J’ai fait l’inspection des caisses à poissons et j’ai réalisé qu’il en manquait quelques unes. Cela faisait plusieurs jours qu’elles disparaissaient, en fait depuis que j’avais eu une altercation avec les pêcheurs à la sortie de la plage. Ils m’accusaient de je ne sais quoi, ils disaient que mes prises les surprenaient, ils en voulaient tantôt à mes filets, tantôt à mon moteur, en réalité à tout ce qui pouvait me servir de près ou de loin à pêcher.

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Nouvelle lauréate du prix Hiver 2012.Et mes adieux à short-edition.

Vous pouvez la retrouver ici : http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/la-melodie

 

Je me dresse. Sur les coudes. Le regard encrouté. La pièce est plongée dans une obscurité étouffante. J’ouvre un rideau. Des néons colorés frappent au carreau. D’ici je vois la rue. D’ici je vois la foule. D’ici je vois les nuits d’une ville qui crève de ne jamais dormir. 

Moi, je dors quand je peux... Pas que je sois fainéant ou quoi que ce soit de ce style-là, mais j’ai des horaires compliqués... Du genre qui vous obligent à rester éveillés la nuit. Alors je dors le jour... C’est pas facile : je me suis habitué. 

Tout ce que je sais de ce job, tout ce que je...

Ca s'est passé ce matin. Un passage coupé au montage lors de la réécriture de La Hyène. Vous ne lirez donc jamais ça nulle part. 

 

Et puis Philippe est passé rapidement pour saluer un type qui se rendait vers l’ascenseur et une odeur tenace flottait dans son dos. Une odeur mémoire. En fait, mon père recevait souvent des flacons de parfums, de toutes les formes, la plupart sentait le mazout de chauffage, sucrés jusqu’à l’écœurement. Et il y en avait un, agressif jusqu’à la corrosion pratiquement. C’était tellement puissant que mon père l’avait placé dans les toilettes pour masquer l’odeur nauséabonde des selles. Et cette odeur particulière, collant aux narines pendant des heures, c’était le nouveau parfum de Philippe. J’ai reniflé une fois encore et ça m’a traumatisé.

Dans les bonus DVD on voit souvent les "scènes coupées au montage". Parce que les acteurs rient ou parce que les acteurs oublient leur texte. Eh bien je pense qu'il est temps d'exporter le concept à la littérature. Et comme les bonus en fin de roman n'existent pas encore, parce qu'ils n'ont pas vraiment d'intérêt, je te l'offre ici cher mon lecteur. Ceci est une partie de texte, coupée au montage du roman La Hyène qui sortira en mars 2013. Parce qu'il n'était pas dans le rythme du reste du texte et aussi parce que je trouvais l'écriture un peu hautaine et démonstrative. Voici donc ce que vous ne lirez jamais dans un roman.

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Nouvelle mutli-primée et notamment sur short-edition. Mais qui n'a pas remporté le concours de nouvelles pour lequel elle a été originellement écrite.

 

Le métro s’arrête dans un crissement métallique, une alarme se fracasse contre les murs trop proches et une meute frôle de près les tissus sales de la foule qui s’échappe.

Au milieu d’eux, un garçon, la casquette mollement enfoncée sur le crâne, un baggy noir accroché aux fesses. Il regarde un long moment à gauche, puis à droite et se faufile de justesse entre les portes qui se referment rapidement. La foule se...

Yam

Nouvelle très très courte lauréate sur short-edition.

 

15 mai 1992 – Première entrée

Je ne pouvais plus garder tout ça pour moi. C’est le désastre, elle n’a que 13 ans. Quelqu’un se rend compte de l’âge que c’est 13 ans ?

J’aurais pu aller voir un spécialiste, mais un spécialiste de quoi ?

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