Nouvelles

L’Amérique c’est tout ce que t’avais toujours voulu.

L’Amérique maintenant t’y es. Bordel, t’y es !

C’est le rêve américain, dude. L’american dream, mon homme. C’est le tien. Tu le vis. T’es dedans.

T’as étudié toute ta vie en anglais. Baku tu rêvais juste de la quitter, de lui balancer quelques doigts, des...

Ce texte a été publié dans la quotidien du médecin sous forme de feuilleton en 5 épisodes de 5 minutes. Ensuite sur le site de short-edition, tous les lundis. Pour vous éviter tout problème de timing, je vous le livre d'un bloc. A vous de le déguster d'un trait ou pas.

 

Episode 1 Le reportage animalier

 

Les hommes sont des animaux sociaux qui se retrouvent au bord du même point d’eau pour s’abreuver. Ils chassent leur nourriture sur les mêmes territoires. C’est comme ça que l’histoire a débuté. Comme un reportage animalier.

Il était 22h35, c’était un vendredi soir et un groupe de jeunes mâles...

 

Dehors, il n’y a que la neige qui tombe en paquets entiers, un vent solide la balaie et rien ne bouge. Les hommes marchent, ils portent des manteaux fourrés et leurs mains glissent le long de leurs cuisses et c’est tout ce que je peux dire, avant de voir des paquets entiers de neige leur souiller le crâne. Ils marchent grand, ils marchent et leurs pieds s’enfoncent dans le sol, les trottoirs grimpent le long des jambes, ils regardent par-delà les paquets. Il n’y a pas de haine, je suis sûr, il n’y a pas de haine parce que c’est la guerre, c’est les tranchées qu’ils traversent, la vie, la vie est en jeu, survivre !

...

Voici le texte lauréat de la matinale 2013.


Il y avait ce soleil jaune, haut, droit et pesant. Les champs étaient chauds et la terre brûlait les pieds des hommes qui couraient devant lui – ils ne portaient pas de chaussures et nul ne savait pourquoi.

Ils étaient une quinzaine, à courir depuis l’aube. Joshua et son fils s’étaient levés peu après le jour. Ils avaient rangé les draps du canapé, ouvert une boite de...

C'est le brouillon, le premier texte que j'ai écrit lors de la matinale, celui qui a jailli.


Il y a les mots que tu ne disais pas, les mots que tu répétais sans arrêt, ceux que tu cachais, sous les semelles de tes chaussures, quand tu entendais les pas dans l’escalier....

La nuit new-york. A travers les fenêtres de ta chambre. Des grandes fenêtres qui s’ouvrent  sur la ville. Et sur des néons. La lumière tordue découpe la pièce. La lumière rouge découpe ton visage. Le jaune, saccadé, stroboscopique, te scie le regard.

Ca fait deux jours que tu es là. Ca fait deux jours que tu es dans cet hotel. Tu plonges une main dans le sac, tu termines ton dernier morceau de pain. Tu n’as plus de réserves. Il va falloir partir. Sortir. Se mêler aux gens. A ces gens. Ceux d’en bas. Ceux des rues.

Tu passes une main dans le bouquet de roses posé au sol. Il leur faut de l’eau. T’allumes la télé. Tu coupes le son. Un vase, il leur faudrait un vase.

Tu zappes. Tu zappes. Tu zappes. Les couches de lumières s’accumulent au fond de ton regard. Elles le maquillent de rouge, de vert, de bleu. Elles le maquillent de la nuit.

Tu poses une main sur les vitres. La pièce est sombre. 16ème étage. C’est écrit. En bas, tu crois voir des...

Texte primé lors du concours annuel organisé par la fédération Wallonie-Bruxelles sur le thème : "entre chien et loup"

 

T’as 23 ans. Et pourtant, cette histoire, c’est toute ton histoire. Enfin le début.

Tu attends coincé contre un mur de béton froid. Tu attends depuis des heures, tu ne sais plus tellement ce que tu attends tellement tu attends. Autour de toi, y a seulement des immeubles verticaux qui montent tout droit jusqu’aux avions. Dans la ville, y a longtemps que t’as plus vu le ciel, y a longtemps que t’as plus...

Il n’y avait plus que quelques gamins allongés sur les gradins métalliques. Le match s’était terminé il y a seulement 15 minutes. Les basketteurs étaient déjà rentrés chez eux. Le quartier sud l’avait encore emporté mais au fond tout le monde s’en foutait. Le vent se levait sur le terrain de béton, au milieu des grillages et derrière les maisons brunes et plates le soleil s’affaissait. Les deux derniers gosses qui trainaient autour du terrain se sont dressés rapidement. Ils se sont regardés, les pupilles écarquillées. Ils n’ont pas eu besoin de parler, ils se sont tapés dans les mains, ils se sont mis à courir et ils ont disparu. Ici, la lumière retrouvait cette pureté étrange, peu avant la nuit.

Il n’y avait plus personne sur les trottoirs où poussaient des mauvaises herbes à la tige épaisse, seule une vieille Ford traversait lentement la route principale.

A Creston, les magasins...

L'élagage du texte "La hyène" continue. Voici une partie de golf qui a été mise au placard. Avant peut-être de revenir plus tard.

 

Michel a sonné à la porte, le samedi, vers 11h. Je dormais encore. Il est monté me réveiller et m'a dit d'un air heureux qu'on partait sur une ile, terrée dans un ...

Il y avait ce type qui te suivait depuis un moment, toi tu n’avais rien vu : tu étais si innocente. Il t’avait repérée depuis un moment, depuis le hall de l’aéroport, depuis les toilettes de l’avion, depuis ta pose lascive contre le mur des douanes. Toi tu marchais sur un podium Versace, à travers les couloirs du métro, à travers les rues brunes, à travers la ville noire. Tu n’as jamais remarqué que cet homme n’avait plus aucune destination depuis qu’il avait aperçu tes jambes et ton regard et ton corps et ta démarche et ton élégance et tes dents et tes oreilles et tes ongles.

Il était hypnotisé. Il ne savait plus où aller, à vrai dire il n’allait plus nulle part, il ne faisait plus que te suivre. Et toi, tu ne l’as jamais remarqué. Tu croyais que les gens étaient bienveillants, tu croyais que la nuit était sûre, tu avais foi, tu le répétais sans arrêt : tu avais foi. Le destin est toujours mal fait :...